Les raisonnables ont duré mais les passionnés ont vécu.
Je connais des lieux qui respirent l'air du temps, les souvenirs, le vécu. On y vient parce que l'on y boit, on laisse pour ce que l'on voit, un écu. Ceux qui entrent sans savoir apportent et laissent à l'heure où ils sortent leurs pensées, qui adhèrent aux murs et aux meubles, semblent partir et puis veulent y rester. Dans ces endroits moi j'aime l'envers du décor une fois vos verres desservis. Je joues au petit criminel, qui promène son opinelle dans vos vies. Ouvrez les yeux car où que j'aille, je laisse derrière moi des entailles, des rayures. Et les gravas qu'il me reste servent à combler ma tristesse, mes fêlures. Qui était à ma place ? Laisserai-je des traces ? Moi aussi, moi aussi, c'est pourquoi j'occupe mes loisirs à graver partout I WAS HERE. Des traces de premier rendez-vous, ce qui donne le rose aux joues. Battant l'air comme des papillons, soulevant dans un tourbillon, la poussière. Tout cela se propage et donne peut-être pas un cyclone jusqu'en Chine, mais laisse dans l'air alentour un frisson qui parcourt notre échine. Lorsque nous étions à l'école, nous collions déjà nos chewing-gums sous les chaises. Plus tard les premières galoches et l'addition sur l'écorce d'un vieux chêne. Ces gentilles délinquances n'éviteront pas les vacances éternelles, mais ces coeurs et rectangles sont un peu notre langue maternelle pour dire .. qui était à ma place ? Laisserai-je des traces ? Moi aussi, moi aussi, c'est pourquoi j'occupe mes loisirs à graver partout I WAS HERE.